Pokémon Or et Argent : Pourquoi ils ont failli être les derniers jeux

pokémon or et argent

L’univers des Pokémon est aujourd’hui une franchise mondiale incontournable, ayant traversé les décennies et les générations de consoles avec un succès phénoménal. Des millions de dresseurs continuent de capturer, entraîner et combattre leurs créatures préférées, perpétuant une tradition ludique qui semble éternelle. Pourtant, derrière la façade brillante de cette réussite planétaire, se cache une histoire moins connue, celle d’une série qui a frôlé la fin de son existence bien plus tôt qu’on ne l’imagine. Les titres qui devaient initialement conclure la saga ne sont autres que Pokémon Or et Pokémon Argent.

Prévus comme le point final d’une aventure commencée dans le chaos du développement des versions Rouge et Verte, ces opus sur Game Boy Color portaient sur leurs épaules une ambition démesurée. À l’époque, Game Freak n’envisageait pas une franchise sur 30 ans, mais une apothéose capable de surpasser tout ce qui avait été fait auparavant. Voici comment ces jeux, qui auraient dû clore le Pokédex à tout jamais, sont devenus le tremplin d’un empire immortel.

L’ambition démesurée de Game Freak : Créer le jeu Pokémon “ultime”

Après le succès planétaire (et inattendu) de la première génération, Satoshi Tajiri et son équipe voulaient frapper un grand coup. L’objectif était clair : Pokémon Or et Argent devaient être les versions définitives.

Tout avait été pensé pour offrir une expérience exhaustive :

  • L’introduction du cycle jour/nuit grâce à l’horloge interne de la Game Boy Color.

  • L’ajout de 100 nouveaux Pokémon, portant le total à 251.

  • Un système de reproduction et de gestion du bonheur.

  • Deux nouveaux types (Acier et Ténèbres) pour équilibrer le gameplay compétitif.

Pour l’équipe, il était impossible d’aller plus loin. Ils avaient mis toutes leurs idées dans ces cartouches, convaincus qu’après cela, la “Poké-mania” s’essoufflerait naturellement.

Le génie de Satoru Iwata : Le miracle technique de Johto et Kanto

Le développement a pourtant viré au cauchemar technique. Game Freak n’arrivait pas à faire tenir toutes ces nouveautés sur la petite cartouche de la Game Boy. Le projet était en retard, instable, et l’idée d’inclure la région de Kanto (la carte du premier jeu) en plus de la nouvelle région de Johto semblait être un rêve impossible.

C’est ici qu’intervient une figure légendaire : Satoru Iwata. Alors qu’il n’était pas encore président de Nintendo, ce génie de la programmation a analysé le code du jeu et a créé de nouveaux outils de compression de données incroyablement performants.

Grâce à l’intervention d’Iwata, non seulement le jeu est devenu fluide, mais il restait tellement de place sur la cartouche que l’équipe a pu réaliser le fantasme de tous les joueurs : intégrer l’intégralité de la map originale de Pokémon Rouge/Bleu en guise de post-game.

Le combat final contre Red : Une conclusion symbolique

Si vous avez joué à ces versions, vous vous souvenez du choc : après avoir conquis Johto, vous retournez à Kanto pour défier les anciens champions. Le jeu se termine au sommet du Mont Argenté par un duel contre Red, le protagoniste du premier jeu.

Ce combat n’était pas une simple surprise ; c’était la manière pour Game Freak de boucler la boucle. En battant votre propre avatar du passé, vous acheviez l’histoire de Pokémon. À ce moment précis du développement, il n’y avait aucun plan pour une troisième génération. Le titre interne du projet était d’ailleurs « Pocket Monsters 2 », signifiant la suite et fin.

Pourquoi la fin prévue est devenue un nouveau départ ?

Le succès fut tel (plus de 23 millions d’exemplaires vendus) que la machine devint impossible à arrêter. Les fans en redemandaient, les produits dérivés explosaient et la série animée battait des records d’audience.

Nintendo a réalisé que Pokémon n’était pas un feu de paille, mais un pilier culturel. Ce qui devait être le chant du cygne de la licence est devenu sa fondation la plus solide. Les mécaniques introduites dans Or et Argent (tenue d’objets, météo, Shiny) sont encore aujourd’hui les piliers de la stratégie Pokémon moderne.


Conclusion : L’héritage d’un chef-d’œuvre qui ne voulait pas mourir

Pokémon Or et Argent restent, pour beaucoup, les meilleurs épisodes de la franchise. Ils représentent cette époque bénie où la contrainte technique forçait les développeurs à une créativité absolue. Si Game Freak avait suivi son plan initial, l’aventure se serait arrêtée sur les neiges du Mont Argenté.

Heureusement pour nous, ce “point final” s’est transformé en points de suspension. En voulant créer le jeu Pokémon ultime pour dire adieu à leurs fans, les développeurs ont accidentellement créé une légende qui, vingt-cinq ans plus tard, continue de faire rêver les petits comme les grands.

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